Lectures de janvier-février

Le polygame solitaire

de Brady Udall

Editions Albin Michel, 2011

L’histoire de ce polygame (4 femmes et une bonne vingtaine d’enfants), dépassé par les évènements (et sa trop nombreuse tribu), toujours à la recherche d’un boulot pour les nourrir (et aussi s’en éloigner le plus possible), attiré par une autre femme qui lui parait inaccessible… le sujet était prometteur !

Mais j’avoue m’être un peu ennuyée tout au long de ce très long roman. La multiplicité des voix (les différentes épouses, les enfants…) rend le roman intéressant, mais aussi complexe (on est souvent en train de s’interroger sur qui est qui…).

Cela reste un bon sujet, l’écriture m’a plu, et la fin est… à l’image du personnage principal !!!

*****

La Fausse porte

de Xavier Houssin

Editions Stock, 2011

L’enfant devenu grand se souvient de la fin de l’école primaire et de sa rentrée dans un collège privé, tenu strictement par des frères dans les années 50.

La fin du monde protégé de l’enfance, la découverte des autres, de la violence, mais de l’amitié aussi.

Un bon roman, nostalgique et un peu triste.

*****

Les Colocs

de Vincent Pichon-Varin

Editions du Cherche-Midi, 2011

Six vieux amis (entre 60 et 85 ans), partagent un appartement parisien, la coloc n’étant pas réservée aux jeunes !

Malgré leurs différences, leur vie s’écoule tranquillement, entre distractions et petits tracas de la vieillesse.

Puis le rythme s’emballe : le cabaret de Jean est menacé par un promoteur véreux, Blanche voit ses rêves de romancière revenir, Honorine doit faire face à un cancer…

J’avoue avoir été un peu déçue par ce roman, dont le sujet me paraissait très sympa de prime abord. Je trouve que les personnages sont quand même caricaturaux (l’homosexuel propriétaire d’une boîte de nuit à Montmartre, l’ancien de l’hôtel Lutecia, l’acariâtre, la mère sacrifiée qui couve son grand fils…)

L’écriture n’est pas non plus un sommet, même si ça se lit bien.

Bon, un bilan quand-même très mitigé…

Un avis plus indulgent chez Cathulu

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Room

d’Emma Donoghue

Editions Stock, 2011

J’ai gardé le meilleur pour la fin !

Jack vient d’avoir 5 ans. Un évènement dans sa petite vie bien réglée, dans le déroulement millimétré de ses journées avec sa maman, dans la « Chambre ».

Car voilà, même si Jack est heureux, avec sa maman comme centre du monde, on comprend vite, à travers ses mots d’enfant, que Jack vit enfermé avec sa mère, avec pour seules visites celles de « Grand Méchant Nick »… Ce qui lui parait « normal » ne l’est bien sûr pas…

Jack n’a jamais vu l’extérieur, et c’est donc sa vision du « monde » que l’on découvre au fil du roman, un monde qui n’existe pas en dehors de la chambre, où ce qui se passe à la télévision n’est qu’invention… enfin, c’est ce qu’il croit.

Un roman prenant, qu’on ne lâche pas, déroutant et original (tout est vu par les yeux de Jack, enfant précoce et pourtant bien naïf puisqu’il ne connait rien du monde véritable), une prouesse d’invention pour la romancière qui a réussi, je trouve, à se mettre à la place de Jack.

Un roman dur, mais jamais larmoyant ni voyeur, et pourtant rempli d’amour, celui de la mère qui a fait preuve d’un courage sans  borne pour ne pas sombrer et d’une imagination débordante pour donner à son fils une vie « normale » dans cet environnement carcéral.

Un roman sur une nouvelle naissance aussi, lueur d’espoir après une vie difficile, signe que l’on peut se reconstruire si on est suffisamment entouré et aimé.

Un vrai « coup de cœur » pour moi, après plusieurs romans  « oubliables ».

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