Lectures du moment, dont un « Coup de coeur »

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…

de Rachel Joyce

Xo Editions, 2012

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Harold Fry, la soixantaine, marié à Maureen, récemment retraité, reçoit un jour une lettre d’une ancienne collègue, Queenie. Celle-ci est atteinte d’un cancer, en phase terminale, et a éprouvé le besoin de lui écrire une lettre, pour le remercier de leur amitié.

Bouleversé, Harold écrit une réponse et part la poster. Mais dès qu’il se met en marche, il sent qu’il ne peut pas faire que ça, poster une simple lettre. Alors, et conforté par les rencontres qu’il va faire, il décide de la lui porter lui-même, cette lettre, et à pied.

Il ne rentre pas chez lui, ne prépare rien, et se met en marche tel qu’il était parti à la boite aux lettres. Oui, mais voilà, il a plus de 800 kms à faire, depuis le sud de l’Angleterre, où il habite, jusqu’au nord, à la frontière avec l’Ecosse, où Queenie, il l’espère, va l’attendre avant de mourir…

Un drôle de roman, pour une drôle d’histoire, à laquelle se mêle bien sûr l’histoire intime d’Harold et Maureen, leur drame personnel (dont on soupçonne des bribes, sans rien vraiment savoir avant le dernier quart du roman).

Une alternance de chapitres entre Maureen, restée interloquée à la maison, et Harold, sur les routes d’Angleterre… Un cheminement intime et géographique, au cours desquels ils vont tous les deux faire des rencontres déterminantes.

Je n’en dis pas plus. C’est un roman singulier, qui accuse quelques longueurs, mais que l’on pardonne pour le côté optimiste et humaniste de cette histoire.

Une découverte agréable.

*****

Les lisières

d’Olivier Adam

Editions Flammarion, 2012

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Le dernier roman d’Olivier Adam, dont tout le monde a déjà beaucoup parlé, et qui est présenté un peu comme un roman « synthèse » de son oeuvre. Comme d’habitude, on y retrouve des prénoms, des lieux, des situations qui semblent le hanter de roman en roman.

J’ai adoré !

Bon, le roman est épais (450 p.), et il y a bien quelques longueurs dans les descriptions, les cheminements intérieurs du héros, mais cela fait partie de son personnage, comme englué dans sa « Maladie », une sorte de dépression larvée qu’il traine depuis l’enfance. Cela donne des phrases très longues, sans paragraphes, sans respiration, toujours au bord de l’étouffement.

Paul, la quarantaine, écrivain à succès, vit dans le Finistère. Il vient de se séparer avec Sophie. Il vit très mal cette situation, le fait de ne voir ses enfants qu’un week-end sur deux, mais est bien conscient d’être responsable de cette séparation, car il est invivable au quotidien, toujours ailleurs et jamais là, au bon endroit, au bon moment…

C’est dans cet état d’esprit qu’il doit partir quelques jours chez ses parents, pour s’occuper de son père car sa mère est à l’hôpital.

Cela le mine, car depuis longtemps il a fui sa famille, dans laquelle il a toujours étouffé, et la banlieue parisienne où il a passé son enfance et son adolescence.

Ce séjour, les personnes qu’il va retrouver, vont-ils apporter des réponses à son mal-être, à sa conviction de n’appartenir à rien, à personne, à aucun lieu, d’être toujours sur les lisières ?

J’ai vraiment adoré ces descriptions du déracinement, du traumatisme intérieur, de la société des « petites gens », cette mise en abime (de lui-même ?)…

Un roman dont je suis sortie un peu essoufflée, saisie… en tout cas séduite, comme d’habitude.

Mon « coup de coeur » de l’hiver (pour l’instant) !

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