Lectures de l’été

oui, oui, vous avez bien lu…

des lectures d’été !

pour un article oublié dans les brouillons de ce blog…

mais de beaux souvenirs de lecture pour certains,

des découvertes originales pour d’autres,

alors à vous de lire !

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Certaines n’avaient jamais vu la mer
De Julie Otsuka
Phébus, 2012

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Des femmes, de multiples femmes, peu de prénoms cités, mais de multiples voix, qui s’entremêlent et finissent par ne former qu’une seule voix, qu’un seul destin, raconté par « Nous ».
Derrière ce « Nous », la vie de femmes japonaises qui ont quitté leur pays au début du 20ème siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’avaient pas choisi…
La séparation, l’épouvantable traversée, l’arrivée en Amérique, la découverte de leur future vie, leurs nuits de noces, leur misérable condition d’exilées, avec un présent peu enviable et un futur très incertain…
Une narration répétitive, aux longues phrases, une sorte de litanie pour éprouver encore mieux le quotidien de ces femmes.
On ne peut s’attacher à un personnage, car ils sont multiples et presque invisibles individuellement.

Cela donne un ton, mais m’a gênée pour apprécier pleinement cette histoire.

*****

6h41
De Jean-Philippe Blondel
Buchet-Chastel, 2013

6h41

Gare de Troyes, un lundi matin, le train de 6h41.
Cécile, 47 ans, rentre sur Paris. Elle vient de passer le week-end chez ses parents, sans son mari ni sa fille qui n’ont pas voulu venir, tant la visite est ennuyeuse.
Elle s’en veut, elle n’aime pas venir voir ses parents, qui passent leur temps à râler, mais la culpabilité et le devoir filial l’emportent toujours.
Et en plus, cette fois, pourquoi n’est-elle pas rentrée le dimanche soir comme d’habitude ?
Gare de Troyes, un lundi matin, le train de 6h41.
Philippe se rend à Paris pour voir son ami Matthieu. Philippe est divorcé, 2 filles qu’il perd de vue, un boulot basique dans un supermarché : une vie pas terrible, et le crâne qui se dégarnit à l’approche de la cinquantaine. En retard, il attrape le train in extremis et se laisse tomber sur la seule place libre, à côté de Cécile…

Et là… C’est que, 27 ans plus tôt, ces deux-là ont eu une courte liaison, qui s’est très mal terminée un soir à Londres…

Un roman à deux voix, chapitres Cécile, chapitres Philippe, sur les désirs de la jeunesse et les réalités de la vie.

Un court roman intéressant, plein d’humour mais pas futile (ah ! les coups d’œil en biais, les ruminations de chacun dans son coin, l’abordera, l’abordera pas ?)

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Les affligés

de Chris Womersley

Albin Michel, 2012

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Australie, été 1919. Quinn Walker rentre au pays, défiguré et mal en point après des années de guerre en Europe. Il rentre alors qu’il sait qu’il est accusé du meurtre et du viol de sa jeune sœur Sarah, dix ans auparavant. Il retrouve une campagne australienne décimée par la grippe espagnole. Incognito, il parvient à voir sa mère, malade elle aussi, pour lui assurer qu’il n’est pas coupable de ce dont on l’accuse. Il a tout vu, mais à elle, il ne peut rien dire…

Dans les collines environnantes, où il se cache, il rencontre Sadie, une drôle de fillette, mi-sauvage, mi-sorcière, qui va l’aider…

Un drôle de roman pour une drôle d’histoire, sombre, terrible, une histoire de malheur et de douleur, avec une part de mystère et de magie, qui n’est pas sans rappeler le passé aborigène de l’Australie. Les personnages sont plein d’ombres, tourmentés…
l’histoire des morts et celle des vivants se mêlent intimement, contribuant ainsi au climat d’intemporalité qui plane tout au long de la lecture.

C’est superbe, à la manière d’un drame antique.

L’écriture est riche, et colle à l’histoire comme la poussière du bush, jusqu’à la rendre comme poisseuse, collante, envoûtante.

Un beau roman noir.

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Le Chapeau de Mitterrand

d’Antoine Laurain

Flammarion, 2012

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Eh oui, Daniel Mercier, employé effacé dans une grande société de la finance, a bien sur la tête le chapeau de Mitterrand !

Un soir de novembre 1986, il a, par hasard, dîné dans une brasserie à côté du Président. Lorsque celui-ci est parti, oubliant son célèbre couvre-chef sur la banquette, Daniel n’a pas réfléchi : sous le coup d’une impulsion, il l’a pris…

Mais ceci n’est que le début de l’histoire car, si François Mitterrand n’était pas n’importe qui (même sans parler politique), son chapeau non plus, qui va entamer un long périple, de tête en tête…

Un roman extra ! facile à lire, original, qui m’a (un peu, mais je suis une grand naïve) menée en bateau, une sorte de fable sur le pouvoir que l’on accorde à certaines choses, certains objets, ce qui fait qu’on avance dans la vie, ou pas.

Je vous le recommande, car c’est un coup de cœur !

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Hors service

de Solja Krapu

Editions Gaïa, 2011

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Eva-Lena mène une vie bien rangée. Professeur de suédois, mère de famille, elle organise sa vie au millimètre, tout est planifié, étudié, rangé… Mais comme tout tourne principalement autour de son métier d’enseignante, sa vie personnelle en souffre un peu, ses enfants, son mari, s’éloignent, sans qu’elle en prenne vraiment conscience.

Un vendredi soir, obsédée par la rentrée imminente, elle retourne au collège pour faire des photocopies… et se retrouve enfermée dans le local du photocopieur !

Pas de téléphone portable (ça ne lui ressemble pas, pourtant !), pas de fenêtre, rien.

Eva-Lena, pour la première fois de sa vie hyper remplie, se retrouve « Hors-Service ». Contre toute attente, personne ne semble s’inquiéter de son absence, les heures passent…

Condamnée à l’inaction, elle en profite pour réfléchir : Mène-t-elle la vie qu’elle souhaiterait ? A-t-elle fait les bons choix ? Qu’est-ce qui est essentiel dans la vie finalement ?

Un roman atypique, original, intéressant, plein d’humour mais avec une réflexion sur les choix de vie, le poids du quotidien, les valeurs essentielles qu’on délaisse malgré soi, quand on est pris dans le tourbillon…

Un coup de cœur pour moi, et décidément, les auteurs scandinaves gagnent vraiment à être connus !

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Fleur de tonnerre

de Jean Teulé

Editions Julliard, 2013

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L’histoire d’Hélène Jégado, première « serial-killer » de Bretagne, au 19ème siècle. Un récit à la manière de Jean Teulé, donc, entre histoire et truculence, dans son style si original.

Un peu déçue par ce dernier roman de Teulé… J’ai eu du mal à m’intéresser à la personnalité d’Hélène, dite Fleur de Tonnerre. Pas assez d’indices peut-être pour la comprendre, ou du moins la cerner…

Bref, il m’a manqué quelque chose…

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A qui le tour ?

de Murielle Renault

Editions du Dilettante, 2013

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Plusieurs grands gagnants du Loto font connaissance lors d’un séminaire de la Française des Jeux, séminaire sensé les familiariser avec leur nouveau statut de « richissime ». Des personnalités très différentes, mais au final, bien sûr, on le sait (et on s’en console quand on n’est pas un grand gagnant 🙂 ), l’argent ne fait pas le bonheur.

Et là, il s’agirait même d’une sacrée malédiction…

Un roman qui se laisse lire, mais finalement sans grande surprise, et plutôt pessimiste malgré sa couverture colorée.

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Plan de table

de Maggie Shipstead

Editions Belfond, 2013

plan de table

Une comédie de mœurs autour de Winn Van Meter, grand patron américain, qui marie sa fille Daphné (enceinte jusqu’aux yeux), dans sa jolie maison de nouveau riche sur une ile sélect de Nouvelle Angleterre.

Mais on ne fait pas partie du « gratin » du jour au lendemain et Winn accumule les bourdes !

Mon roman-détente de l’été, pas prise de tête, sans grande surprise, très américain, avec des touches d’humour, un peu trop de grosses ficelles, mais quand on le lit par 30°C, ça le fait… même s’il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

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Electropolis

d’Olivier Merle

Editions , 3013

electropolis

Drôle de roman…

Sophie se réveille un matin : plus d’électricité. Apparemment, la panne touche toute la ville, voire même plus loin. Problème pour sortir de l’immeuble : la porte électrifiée est bloquée. Elle va donc rencontrer à cette occasion ses voisins les Loret, épiciers de leur état, pour que monsieur ouvre la porte. Puis, une discussion autour de cette porte (doit-elle rester ouverte ou fermée ?) va entrainer une rencontre entre tous les habitants de l’immeuble, qui finalement ne se côtoyaient guère : la famille guindée, avec deux fillettes, le vieux M. Kurtz, Elise, l’amie de Sophie et enfin le mystérieux Hossine.

Face à cette situation imprévue qui dure, et les pénuries qui s’en suivent (plus d’argent aux distributeurs, plus de nourriture, plus de téléphone, plus d’essence…), il va falloir s’entraider, discuter, se découvrir et accepter certains compromis.

Drôle de roman, donc, car s’il commence de manière assez banale, avec les états d’âme de Sophie, ses considérations sur son beau voisin Hossine (j’ai presque cru à un roman à l’eau de rose…), il continue de manière plus violente (il y a des morts) et surtout plus pessimiste…

Un roman d’anticipation réaliste si l’on peut dire. Mais on en sort un peu remué car cette possible réalité est plutôt violente et en tout cas, n’offre pas une vision de l’humain « à l’eau de rose ». Un peu comme dans « A qui le tour » (cité plus haut), la vision de l’humanité est très pessimiste, décadente…

Une lecture intéressante, qui ne laisse pas indifférente.

Olivier Merle est un des fils de Robert Merle, dont j’ai dévoré l’œuvre principale, « Fortune de France » (sage historique d’envergure, d’environ 14-15 volumes) il y a presque 20 ans, mais dont je me souviens encore avec émotion. C’est d’ailleurs je pense, une des rares œuvres que je relirais avec plaisir, moi qui ne relis jamais rien par manque de temps !

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3 réflexions au sujet de « Lectures de l’été »

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