Lecture… (pour combler un peu le vide sidéral de ce blog !)

Les Filles chéries

de Corinne Atlas

Editions du Seuil, 2015

fillescheries

Paris, 1966. Perle Ganz et Mina Gelson ont 14 ans. Amies depuis le début du collège, elles sont inséparables et n’ont aucun secret entre elles.
Lili Beyle, dans la même classe que les deux filles, rêve sans succès de s’immiscer dans ce duo attirant et s’invente une vie de fille de riches, elle dont la mère est bonne à tout faire et fille-mère. Décidée à sortir de sa condition sociale, elle fréquente la bonne société, mentant sur sa famille et volant dans les boutiques de luxe pour s’habiller chic.
Un jour, Perle n’est pas au rendez-vous quotidien, sur le chemin de l’école. Impossible d’en savoir plus pour Mina qui prend cet éloignement pour une trahison. En fait, la famille Ganz vient d’apprendre le premier mariage du père avec Golda, épousée en Pologne et que le père a cru morte, déportée dans les camps de concentration. La mère de Perle, bouleversée, réagit violemment, en coupant la famille et ses filles du monde, et en les empêchant de parler de ce honteux secret qui fait d’elle une épouse illégitime.
Mina prend le silence de Perle pour une trahison : pour la première fois, il y a ce qu’elle prend pour un mensonge entre elles, et c’est la première fissure d’une amitié qu’elles croyaient toutes les deux solide.
En fait d’ancienne épouse, c’est Olga, une jeune soeur du père, qui réapparait. Cette miraculée, auréolée de mystère, fait un grand effet sur Perle et sa soeur ainée Rachel, qui se passionne pour la politique et la cause juive.
Apprenant tout cela, Mina se rapproche de Perle, même si rien n’est plus comme avant.
La mère de Mina, en revanche, s’effondre en apprenant cette histoire. Son passé de juive, occulté par la famille et caché à sa fille, lui revient à la figure, elle-même ayant été fiancée avant la guerre, à un jeune homme disparu dans la tourmente nazie. Elle se met à espérer un retour, inutilement, et sombre dans une dépression qui va faire éclater sa famille.

Dans le Paris des années 60, on suit une tranche de vie d’adolescentes très différentes, et le passage de ce qui était encore presque l’enfance, au début d’une vie d’adulte avec tous ses possibles : les rêves, la découverte de la sexualité, le déterminisme de la condition sociale, l’engagement politique, l’amitié, la préparation de l’avenir, les secrets de famille et les ravages de ces secrets longtemps refoulés.
Il y a également la condition juive : c’est quoi être Juif après la seconde guerre mondiale ? Un fardeau à porter, une condition qu’on veut oublier, une identité revendiquée… ? Tout cela sur fond de « guerre des Six jours », au printemps 1967.
Trois adolescentes qui se cherchent, vivent des expériences qui les vont changer ou les conforter dans leurs choix de vie. On sent déjà que mai 68 n’est plus très loin…
Un roman agréable à lire, avec de vrais destins romanesques, des personnalités complexes, sur le fond socialo-politique des années 60, que, personnellement, je ne connais pas tant que ça.
J’ai découvert Corinne Atlas, et je ne le regrette pas. J’ai vu que son précédent roman traitait déjà de trois jeunes filles, avec en fond la société française des années 70. A lire certainement…

J’ai lu ce livre grâce à Babelio, et je remercie donc l’opération Masse critique et les éditions du Seuil qui m’ont permis de découvrir ce roman et cet auteur.

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